Why Monk ? Music and Repertoire

Cet article a été publié en 2013 et révisé en avril 2020
Notre objectif est de mettre en lumière la série de transcriptions et de partitions publiées sur ce post en 2012 qui regroupe des informations permettant de mieux connaître ce musicien majeur et son univers. Le texte est partiellement bilingue.

THELONIOUS SPHERE MONK (1917-1982)

“I’d like to reach everybody, the public plus the musicians. And that’s the standard that I’ve set for my songs. Something that will get to the people’s ear, plus no criticisms from the musicians.”

“Monk’s sense of time and his rhythmic virtuosity, his use of space are the product of a completely original and powerful musical mind. As I mentioned earlier, the truly original geniuses are rare in music, and are often unappreciated during their lifetime. I think it’s hopeful sign that Thelonious Monk is now getting the kind of acceptance he deserves, and this is happening without compromise through the music itself.”

— HALL OVERTON, 1963.

 
Ressources en ligne & bibliographie :
 

 
C’est en lisant l’ouvrage extrêmement complet consacré à la vie et l’oeuvre de T.M que j’ai trouvé un très grand nombre d’informations complémentaires qui m’ont permis de compléter mes publications consacrées au répertoire de Monk.
 
Robin D.G. Kelley
 

 
Deux articles en anglais très complets (et très longs) consacrés à Monk sur le blog DO THE MATH du pianiste Ethan Iverson (The Bad Plus, Billy Hart Quartet…)
 
 
 
 

Discographie :

Certains enregistrements datant de la fin des années 40, on trouve désormais de nombreuses rééditions et il est donc facile de s’y perdre; voici quelques liens pour y voir plus clair sur la discographie de Monk.

 
 
 
 
 
Monk’s first recordings as a leader bring back to the late 40’s, a lot of “reprints” are available: here are some links to the official Monk discography.
 
 
 

POURQUOI MONK ?——————————————————WHY MONK ?

Thelonious Monk est “le compositeur de jazz du XXe siècle le plus enregistré après Duke Ellington, c’est peut-être une des raisons pour laquelle sa musique est dans l’inconscient collectif et/ou la culture des musiciens de jazz.

Le répertoire de Monk (environ soixante-dix compositions) et son langage fortement ancré dans les sources du jazz (blues, ragtime, stride..) est idéal pour apprendre et assimiler une partie du langage et de la tradition du jazz.

 
T.M is “Monk is the second-most recorded jazz composer after Duke Ellington“, this is probably why Monk’s music is part of the jazz musicians’ culture. Monk’s repertoire is very useful to learn some of the jazz language and tradition.
 
Monk’s Music

Sa musique est souvent “faussement simple”; avec parfois une certaine naïveté qui s’avère toujours contrôlée, à l’image de sa personnalité et de son jeu pianistique.

Avec un nombre “limité” de formes, structures, tonalités et tempos, T.M a réussi à composer de nombreux thèmes dont beaucoup sont devenus des standards.

Ses mélodies, qu’elles soient lyriques et faciles à chanter (I Mean You, Bemsha Swing, We See, Green Chimneys, Ask Me Now, Hackensack, In Walked Bud…) ou plus complexes (Work, Four in One, Skippy, Trinkle Tinkle), sont le plus souvent mises en relief par une harmonisation riche (dissonances, substitutions) avec de nombreux virages et détours inattendus.On y retrouve très souvent un passage singulier ou particulier, qui peut paraître parfois “flou” ou mystérieux; c’est, je pense, ce sens du détail qui caractérise l’écriture de Monk.Il y a aussi l’aspect “dansant” de sa musique et la place que son écriture laisse à l’interprétation, qui font (selon moi) qu’elle est aussi agréable à écouter qu’à jouer.

 

With a limited number of forms, structures, tonalities and tempos, T.M wrote many originals compositions which became standards”.

Some of his melodies are not so hard to sing (“I mean you”, Bemsha swing, “We see”, “Green chimneys”, “Ask me now”, “Hackensack”, “In walked Bud”…), some are much more complex (“Work”, “Four in one”, “Skippy”, “Trinkle Tinkle”) but they are most of the time harmonized with rich chords and harmonic progressions.

” Thelonious Monk is an example of an exceptionally uncorrupted creative talent. He has accepted the challenges that one must accept to forge a music utilizing the jazz process. Because he lacks, perhaps fortunately, exposure to the Western classical music tradition or, for that matter, comprehensive exposure to any music other than jazz and American popular music, his reflections of formal superficialities and their replacement with fundamental structure has resulted in a unique and astoundingly pure music.

Bill Evans on MonkMake no mistake. This man knows exactly what he is doing in a theoretical way – organized, more than likely, in a personal terminology, but strongly organized nevertheless. We can be further grateful to him for combining aptitude, insight, drive, compassion, fantasy, and whatever else makes the “total” artist, and we should also be grateful for such direct speech in an age of insurmountable conformist pressures. (…)

— BILL EVANS (Liner notes for the album “Monk”)

 

ENCORE DES TRANSCRIPTIONS DE MONK ?————–SOME MORE MONK’S TRANSCRIPTIONS ?

Il est désormais facile de se procurer des partitions de T.M dans des recueils ou sur internet; certaines sont très complètes (T.M fake book) mais peuvent manquer de clarté pour un déchiffrage ou un usage dans un contexte “jazz” (aebersold), d’autres sont très lisibles (new real-book) mais ne proposent qu’un nombre limité de titres, d’autres contiennent des erreurs (real-book).

 
A lot of legal or illegal transcriptions or available (prints or web): some of them are hard to read (to many details or poor layout…), some are hard to find, some may contain few mistakes.

real book (wiki FR)
real book (wiki EN)

De plus, les interprétations s’étant multipliées au fil du temps, avec des modifications (volontaires ou non), il est parfois devenu difficile de retrouver l’intention ou le “texte” original.

C’est pourquoi j’ai décidé de (re)-transcrire* certaines des compositions de T.M, en faisant toujours référence à plusieurs versions, parfois en m’aidant des transcriptions existantes et en essayant de respecter les points suivants :

– rester au plus proche de l’intention initiale du compositeur

– proposer des partitions les plus lisibles possible

– indiquer des détails “optionnels” dans le cas où il existe plusieurs versions

 

I decided to make my own transcriptions, always referring to several versions and taking care of the following points :

matching as much as possible the composer’s initial point of view/ ideas

– beeing careful about the layout and the readablility

– taking care of the details.

 

LE PROCESSUS DE TRANSCRIPTION———————————-                                  THE TRANSCRIBING PROCESS.

Il n’y a pas de partitions “officielles” écrites ou validées par Monk et il semble que ses musiciens apprenaient sa musique sans support écrit: en jouant avec lui ou à travers ses enregistrements.Transcrire soi-même par l’écoute est souvent le meilleur moyen d’assimiler ou de mémoriser un morceau: ces partitions seront peut-être utiles au musicien qui manque de temps ou de connaissances ou seront tout simplement complémentaires à tous les supports déjà existants à ce sujet.

Monk’s musicians used to learn his music by hear.

Transcribing is always a great way to learn, memorize and improve musicians skills and as there are no “official” charts (written or acknowledged by Monk), this lead sheets may be useful for those who don’t have enough time or skills to do it by theirselves.

 
 

” The point of all this, by the way, is not to slavishly imitate Monk when playing his music. The point is to find yourself through immersion in authentic canonical detail. (…) I am a hardline conservative when it comes to Monk’s music. My standard yowl of pain is, “Would you change the notes to a Mozart sonata? So why do you change the harmony to a Monk song ? ”

— ETHAN IVERSON (blog Do the math).

Sans oublier que l’interprétation et l’improvisation sont l’essence du jazz, on pourrait résumer ceci par :

” Il est temps de (re) jouer la musique de Monk correctement” pour éventuellement mieux la “déconstruire” par la suite…”

En d’autres termes : il est intéressant de maitriser les “règles” pour mieux s’en affranchir…


HOMMAGES———————————————————-TRIBUTES

J’ai découvert la musique de Monk indirectement, à travers les enregistrements d’autres musiciens tels que Miles Davis, Chick Corea, Paul Motian, Joe Lovano, Kenny Barron, Roy Haynes, Wynton Marsalis, Danilo Perez, Brad Mehldau, Fred Hersch, Peter Bernstein … qui m’ont amené par la suite à écouter les enregistrements de Monk en leader.

En faisant des recherches, j’ai répertorié plus d’une trentaine d’albums entièrement consacrés à la musique de Thelonious Monk.

Voici une liste de musiciens que j’apprécie particulièrement et qui ont enregistré des albums entièrement consacrés à Monk.

I got into Monk’s Music through live concerts or recordings by other musicians such as Miles Davis, Chick Corea, Paul Motian, Joe Lovano, Roy Haynes, Kenny Barron, Wynton Marsalis, Danilo Perez, Brad Mehldau, Fred Hersch, Peter Bernstein and I found more than 30 albums dedicated to Monk.

Here is a list of Monk’s tribute albums or bands playing Monk’s music I enjoyed through the years.

Steve Lacy, album “Reflections” (1958, Prestige)

Steve Lacy, Roswell Rudd, album “School Days” (1963?)

MONK’S ADVICE TO STEVE LACY

Steve lacy a joué pendant quatre mois consécutifs  aux côtés de Charlie Rouse et Roy Haynes dans le quintet de T.M au début des années 60. Cette formation n’a jamais été enregistrée en studio.

Johnny Griffin And Eddie “Lockjaw” Davis Quintet, album “Lookin’ At Monk” (Prestige-JAZZLAND 1961)

Sphere “Four In One” (Elektra, 1982)

Cet album a été enregistré le jour de la mort de T.M.

The Great Jazz Trio “Monk’s Mood” (DENON, 1984)

Walter Davis Jr.  “In Walked Thelonious” (1987)

Paul Motian “Plays Monk And Powell” (Winter & Winter, 1998)

Paul Motian  joué une semaine d’affilé vec Scott Lafaro dans le groupe de T.M en 1959. Cette section rythmique deviendra une référence auprès du pianiste Bill Evans peu de temps après.

“I remember Monk asked me to sing him my ride beat. So I sang ‘DING-a ding, DING-a ding, DING-a ding, DING-a ding.’ He said, “The next time you play ‘ding din GA-ding, ding din GA-ding, ding din GA-ding.” So that’s what I did. And that helped my feel and the way I felt, the way my time is beat. That helped me grow in how I play time. To try to think of all the notes, man, all the notes that you’re playing on the cymbal, and the quality of the notes.”

Rumba Para Monk (Sunnyside, 1989)

Danilo Perez “Panamonk” (1996, Impulse)

Wynton Marsalis “Standards vol.4” (1999, Sony)

Carmen McRae Carmen Sings Monk (BMG, 1990)

Fred Hersch Plays Monk (Nonesuch, 1997)

” Unlike Beethoven or Chopin (who were both great improvising pianists), we have recordings of Monk playing everything he wrote. One might ask, Since he presumably played them the way he intended, aren’t these performances definitive? Yes and no.

Some pianists feel obligated to play Monk Monkishly: they use his pianistic devices and play loudly. I go at it by looking at the sheet music or learning his tunes by ear, I try to take his own playing out of the equation and just look at the musical DNA in the composition itself. Then I put it through my personal pianistic filter. You can’t compete head-on with Monk, you have to be sneakier about it. “

— FRED HERSCH, 2017 (Thelonious Monk and Me)

Peter Bernstein “Monk” (2008)

Miles Okazaki, “WORK” (Bandcamp, 2018)

Monk’s Tribute album – Playlist on SOUNDSGOOD

Bonne écoute !


* please let me know if you have any suggestions concerning these transcriptions: if you have any interesting links or corrections to submit…

*** feel free to leave a comment or send me a message if you enjoy reading this blog : your “feedbacks” encourage me to keep posting.

**** Pardon my poor english : I’d appreciate any help about English transcription !…

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